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    Mišo · COO

    Le piège de la dopamine dans le Vibe Coding

    4h du matin, 47ème prompt envoyé. Si vous faites du Vibe Coding sérieusement, vous connaissez la scène. Pourquoi c'est si addictif, et trois réflexes pour que ça tienne sur la durée.

    25 avril 2026 · 5 min · Publié d'abord sur LinkedIn · repris ici

    Il est 4h du matin. Mon café est froid. Je viens d'envoyer mon 47ème prompt. À 8h30, j'ai un rendez-vous client. Devinez ce que je fais ? J'envoie un 48ème prompt.

    Si vous avez fait du Vibe Coding sérieusement, vous connaissez cette scène. Si vous ne l'avez pas encore vécue, préparez le café : ça arrive. Chez Dotika, on a formé des centaines de personnes au Vibe Coding. À chaque cohorte, je répète la même phrase : « Faites gaffe à la dopamine. » À chaque cohorte, quelqu'un rit. Et trois semaines plus tard, quelqu'un m'envoie un message à 2h du matin : « Mišo, je crois que j'ai un problème. »

    Je ne parle pas d'un vrai problème, rassurez-vous. Je parle du plus beau problème du monde : construire devient tellement amusant qu'on n'arrive plus à s'arrêter.

    Pourquoi c'est si addictif (dans le bon sens)

    Vous construisez une idée en 10 minutes. Vous la testez. Ça marche. Vous ajoutez une feature. Ça marche aussi. Encore une. Encore une. Il est 1h du matin. C'est normal. C'est même le signe que vous avez trouvé quelque chose qui vous fait vibrer. Le Vibe Coding déclenche une vraie boucle de kif, parce que pour la première fois dans l'histoire, il n'y a plus de friction entre avoir une idée et la voir prendre vie.

    Avant, entre « j'ai une idée d'appli » et « elle tourne sur mon écran », il y avait six mois et 5 000 lignes de code. Aujourd'hui, il y a 15 minutes et trois prompts. Cette compression du temps, c'est magique. Mais c'est aussi ce qui explique pourquoi on a tant de mal à fermer le laptop.

    Et je ne suis pas le seul à le vivre

    Le Vibe Coding est plus addictif que n'importe quel jeu vidéo jamais créé.

    — Naval Ravikant

    Les stars du mouvement en parlent ouvertement : Armin Ronacher, le créateur de Flask, raconte qu'« on dort à peine, on construit des choses incroyables ». Garry Tan, CEO de Y Combinator, dort 4 heures par nuit — et pense qu'un tiers des CEOs qu'il connaît font pareil. Ça vous rassure ? Moi oui. Si vous avez enchaîné trois soirées tardives cette semaine, vous n'êtes ni bizarre ni seul. La question n'est pas de freiner cette énergie. La question, c'est comment la canaliser pour que ça tienne sur la durée.

    Ma petite histoire honteuse

    Un dimanche soir, vers 21h, je me dis : « Je vais juste tester un truc vite fait sur Lovable. » À 2h du matin, j'avais construit trois applis. Aucune utile. Aucune terminée. Lundi matin, j'avais un comité de direction client à 9h. Je suis arrivé les yeux bouffis, incapable d'aligner deux phrases stratégiques. Le plus drôle ? Pendant le meeting, je pensais à la quatrième appli que j'allais commencer le soir même.

    C'est ça, le piège. Ce n'est pas que le Vibe Coding est dangereux. C'est qu'il est tellement kiffant que sans un minimum de discipline, vous construisez dix applis à moitié terminées au lieu d'une seule qui change vraiment quelque chose.

    Comment savoir si vous y êtes déjà

    • Vous vous couchez en rédigeant des prompts dans votre tête.
    • Votre collection d'applis non terminées grandit plus vite que votre compte en banque.
    • Le kif est dans le démarrage d'un nouveau projet, pas dans le finir.

    Si vous avez coché les trois, bienvenue au club. Je préside.

    Ce qui marche pour moi

    • Fermez le laptop à 22h. Ce qui sort de votre cerveau après minuit, vous le corrigez deux fois plus longtemps le lendemain. Le code de 3h du matin est rarement le meilleur code de votre vie.
    • Une appli à la fois. Avant d'en commencer une nouvelle, terminez celle en cours ou enterrez-la proprement. L'idée géniale de ce soir tiendra bien jusqu'à demain. Si elle ne tient pas, c'est qu'elle n'était pas si géniale.
    • Définissez « terminé » avant de commencer. Un critère clair, écrit noir sur blanc, pour savoir quand vous arrêter. Sinon, vous allez prompter à l'infini, parce que « encore un peu mieux » existe toujours.

    Le Vibe Coding, c'est génial. Vraiment

    Nous passons nos journées à former des gens au Vibe Coding. On y croit à fond. C'est une révolution, pas une mode. Pour la première fois dans l'histoire, quelqu'un qui n'a jamais écrit une ligne de code peut construire un outil qui résout un vrai problème. Mais comme toute révolution, elle demande d'apprendre à doser. Le Vibe Coding, c'est un peu comme un excellent espresso. Un le matin : génial. Huit dans la journée : vous ne dormez pas.

    Alors voilà, ne dites pas qu'on ne vous a pas prévenus. Le Vibe Coding va vous rendre accro. C'est prévu. Mais maintenant, vous savez. Fermez le laptop à 22h. Finissez avant de commencer. Définissez « terminé ». Et kiffez. C'est fait pour ça.

    Mišo Pecirep est Co-Founder et COO de Dotika. Il s'est couché à 5h du matin plus d'une fois. Il écrit cet article un vendredi matin, après une bonne nuit de sommeil.

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